THE VICTIMS’ GAME

Lorsqu’une étrange affaire de meurtres en série secoue le pays, Fang Yi Jen, membre de la police scientifique, découvre que ces évènements sont reliés à sa fille qu’il n’a pas vue depuis des années. Pour la protéger et comprendre pourquoi elle est impliquée dans cette histoire, il s’allie avec une journaliste et enquête en parallèle de la police, tout en dissimulant des preuves.

Avec son intrigue policière extrêmement originale, The Victims’ Game creuse au plus profond de l’esprit humain et, dans une démarche qui laisse pensif, expose les recoins les plus sombres de la société pour mettre en lumière des problèmes qui semblent anodins, mais peuvent avoir de lourdes conséquences.

The Victims’ Game démarre par la présentation de son personnage principal, Fang Yi Jen, un membre de la police scientifique. Atteint du syndrome d’Asperger, Fang Yi Jen est vu comme un génie dans son domaine, malgré son asociabilité et ses difficultés à supporter la pression. Lorsque les enquêteurs découvrent un cadavre complètement dissous dans une mise en scène morbide, Fang Yi Jen trouve des indices qui relient cette affaire à sa propre fille, qu’il n’a pas vue depuis plusieurs années. Cette affaire n’est que la première d’une série de morts suspectes, toutes mises en scène de façon étrange, destinées à faire penser à un suicide. Mais quand les policiers se rendent compte que la victime n’est pas celle qu’ils croyaient, ils se retrouvent dépassés par ce petit jeu morbide. De son côté, Fang Yi Jen s’arrange pour dissimuler des preuves pour protéger sa fille et enquête en parallèle avec l’aide de la journaliste Hsu Hai Yin.

Le duo principal s’avère finalement moins intéressant que l’enquête en elle-même. Le génie scientifique n’est finalement pas plus malin que le policier chargé de l’enquête, qui malgré des preuves manquantes, parvient à bien avancer sur cette affaire. Le fait que Fang Yi Jen soit atteint du syndrome d’Asperger n’apporte pas grand-chose à l’histoire. Son caractère antipathique et toute l’intrigue autour de sa fille alourdissent une histoire qui aurait très bien pu se suffire à elle-même, sans avoir besoin de rajouter des quêtes personnelles aussi torturées. De même, la journaliste est, au début, assez peu convaincante, ce qui s’améliore sur la fin du drama. Globalement, les deux derniers épisodes réconcilient avec les personnages et sont bien plus efficaces au niveau émotionnel que la première partie. Cela est en partie dû à l’avancée de l’enquête et à la signification que renferment les morts, ainsi qu’au caractère et aux motivations du coupable, qui donnent aux personnages l’occasion d’une réflexion plus poussée.

Si les personnages (à l’exception peut-être de l’enquêteur principal) laissent quelque peu indifférent, ce n’est absolument pas le cas pour le scénario. En effet, The Victims’ Game, comme son nom l’indique, tourne principalement autour des victimes, et c’est bien ce qui fait rend l’enquête passionnante. Plus les policiers creusent, et plus les victimes semblent se jouer d’eux. Les cadavres sont mis en scène comme s’il s’agissait d’une autre personne et chaque mort est reliée à la précédente par des références ou des lieux. Troublés, les enquêteurs ne savent quel sens donner à ces évènements qui semblent indiquer que les victimes ne sont peut-être pas étrangères à leur propre mort. Au-travers de ces différents défunts, ce sont des problèmes de société qui sont pointés du doigt : la maladie, la perte d’emploi, le manque de reconnaissance ou encore les hospices insalubres. Mais le plus prégnant ici reste bien sûr le sujet du suicide. Comment gérer le désespoir ? Y-a-t-il un moment où plus aucune autre solution n’est envisageable ? Comment donner un sens à sa mort ? Autant de questions que se posent les personnages de The Victims’ Game et qui sont en fin de compte très pertinentes. La fille de Fang Yi Jen est elle-même un parfait exemple de ces réflexions désespérées qui fragilisent la conscience, la laissant exposée aux idées noires. Le drama, à travers son scénario, propose une réflexion profonde et, bien qu’un avis tranché soit fourni en conclusion, on ne peut s’empêcher de méditer sur les choix faits par les victimes. 

The Victims’ Game propose donc une enquête des plus originales, bien que les personnages principaux de cette histoire ne soient pas spécialement marquants. Si le drama m’a personnellement laissée très mitigée, il a globalement eu de bons retours, ce qui a d’ailleurs permis la programmation d’une deuxième saison prévue pour 2022.

Casting : Joseph Chang, Tiffany Hsu

Réalisation : David Chuang

Scénario : Chien Shih Keng

Diffusion : Avril 2020

Pays : Taïwan

7 réflexions sur “THE VICTIMS’ GAME

  1. childofghibli 18/07/2021 / 17:48

    J’ai beaucoup aimé lire un avis différent et tes réflexions sur le suicide sont particulièrement intéressantes!

    Aimé par 2 personnes

    • misslittlemonster 18/07/2021 / 18:01

      Salut ! J’avais justement commencé ce drama car il avait beaucoup de retours positifs mais je n’ai pas réussi à m’enthousiasmer autant que d’autres, malgré la qualité indéniable du drama. Le scénario est vraiment ce qui a su capter mon attention mais malheureusement les personnages n’étaient pas assez intéressants ou bien exploités à mon goût.
      Bonne fin d’après-midi 🙂

      Aimé par 1 personne

      • childofghibli 18/07/2021 / 20:11

        Je comprends, j’ai eu du mal à rentrer dedans et je trouvais notre duo mal exploité au début. Je rejoins ton avis pour le scénario, il était top 🙂

        Bonne soirée, merci 😃

        Aimé par 1 personne

  2. Carfax 21/07/2021 / 11:29

    bonjour, comment vas tu? je ne suis pas très fan du genre policier mais le synopsis est accrocheur. dommage qu’il ne soit pas à la hauteur. passe un bon mercredi et à bientôt!

    Aimé par 2 personnes

    • misslittlemonster 21/07/2021 / 20:38

      Salut ! Effectivement, c’est dommage que les personnages ne soient pas aussi bien pensés que le scénario…
      Merci ! Bonne soirée 🙂

      Aimé par 1 personne

  3. princecranoir 22/07/2021 / 09:31

    Dispensable donc. Pourtant, l’histoire avec l’Asperger aurait pu donner quelque chose d’intéressant, comme dans la série française avec la fille de Patrick Dewaere, ou Monk.

    Aimé par 1 personne

    • misslittlemonster 22/07/2021 / 14:55

      Absolument, c’était d’ailleurs bien parti dans l’introduction du personnage. Mais par la suite ça n’est pas bien exploité, c’est dommage.

      Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s