LE ROI CERF

Quand un mal ancestral, matérialisé sous la forme d’une horde de loups, décime des prisonniers travaillant dans une mine, les seuls survivants sont un ancien guerrier et une enfant. Détenant vraisemblablement la clef du mystère entourant cette maladie, ils sont poursuivis à la fois par des soldats qui tentent de les faire taire et par un jeune médecin déterminé à découvrir les causes du mal qui hante son pays.

Entre religion et politique, Le Roi Cerf nous dresse le portrait d’une famille de cœur qui tente de vivre humblement malgré les multiples menaces qui la guettent. Le film, adapté d’un roman de Nahoko Uehashi, est une ode écologiste à la famille et au vivre ensemble, faisant triompher l’amour sur la haine et l’avidité.

Alors que le pays d’Aquafa était sur le point d’être défait par le royaume de Zol, un mystérieux mal empêcha les envahisseurs d’entrer sur le territoire des chevaux de feu. Le mittsual, ou « fièvre du loup noir », ne semble en effet s’abattre que sur les Zolites, obligeant le royaume à accorder un statut spécial à une Aquafa vaincue mais plus ou moins autonome. Avec le temps, ce mal semble avoir disparu. Pourtant, à l’occasion de l’annonce d’une visite impériale sur les terres sacrées, il refait surface et touche une mine remplie de prisonniers zolites. Les seuls survivants seront un homme et une fillette, traqués désormais par les deux camps qui semblent cacher nombre de secrets ainsi que par un médecin déterminé à soigner le mal. Entre folklore et mysticisme, Le Roi Cerf dépasse la simple quête initiatique, mettant en scène un guerrier accompli, Van, ayant déjà fait l’expérience du désespoir et vu les horreurs du monde. Mais alors qu’il n’attend plus rien de l’existence, c’est une petite fille, Yuna, qui ramènera son âme vers la lumière.  

Si l’inspiration ghibliesque du Roi Cerf est très prégnante, c’est sûrement parce que l’on retrouve à la réalisation Masashi Ando, qui a travaillé sur Princesse Mononoke dont l’influence se fait grandement sentir dans ce film, et Masayuki Miyaji, qui a contribué au Voyage de Chihiro. Par ses thématiques et créatures imaginaires, Le Roi Cerf rappelle effectivement les aventures de San et Ashitaka, les kami étant ici figurés par une énergie transcendante reliant certains humains à la nature. Pourtant, si la quantité d’éléments intégrés à l’histoire brouille parfois la lisibilité de la trame, il est indéniable que l’expérience des réalisateurs leur a permis de construire un univers à part entière, où l’on reconnaît certes des influences mais qui porte également une identité propre. Les personnages principaux rompent avec les modèles habituels, formant une troupe hétéroclite mais parfaitement harmonieuse. La tendresse liant Van et la petite Yuna, l’intelligence empathique du vénérable Hohsalle (médecin impérial loin de l’image de vieux sage barbu qu’on aurait pu attendre) et l’intrigue politique en arrière-plan se mêlent pour livrer une histoire aux enjeux finalement aussi humbles que cruciaux.

Ainsi, Le Roi Cerf nous ouvre les portes d’un monde tourmenté par divers conflits, qu’ils soient politiques, religieux ou historiques, affectant la vie des êtres les plus innocents. Mais c’est dans la tourmente que se révèlent les âmes les plus nobles, et c’est bien ce à quoi le film nous propose d’assister, en ramenant à la vie le héros d’antan dans une épopée pleine de magie.

Réalisation : Masashi Ando, Masayuki Miyaji

Scénario : Kishimoto Taku

Studio : Production I.G

Durée : 113 minutes

Sortie : 2022

Pays : Japon

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