TOKYO GODFATHERS

Au soir de Noël, Gin, Hana et Miyuki, trois sans-abris de Tokyo, se préparent à passer une nuit de plus dans leur maison de fortune à profiter d’un maigre repas de fête. Mais sur le chemin du retour, ils tombent sur un bébé abandonné dans une pile de détritus. Commence alors pour le trio une course à travers la ville pour retrouver la mère de l’enfant. Leurs déboires nocturnes sont l’occasion de découvrir une autre facette de la ville, une vie de nuit, qui regorge de secrets et d’agitation.

Un conte de Noël qui nous emmène par une nuit étoilée à travers les rues de Tokyo. L’histoire de trois oubliés de la société, de ceux qui croient qu’en ce soir de fête personne ne pense à eux alors qu’eux ont des regrets plein la tête. Tokyo Godfathers est à la fois calme et remuant, c’est une petite aventure dans l’immensité de la ville, la recherche d’une aiguille dans une botte de foin, mais qui apporte beaucoup à ceux qui veulent bien tenter le coup.

Le soir de Noël, alors qu’ils s’apprêtent à passer les fêtes dans leur petite bicoque de fortune, Gin, Hana et la jeune Miyuki découvrent dans une pile de détritus un bébé abandonné. Hana, le travesti qui considère qu’il n’est pas né dans le bon corps, voit cet enfant comme un don du ciel. Prénommée Kyoko par Gin, le bourru de la bande, la petite fille se voit bientôt transportée à travers la ville par cette bande de marginaux un peu barrés mais si bienveillants, partis à la recherche de sa mère.

Tokyo Godfathers parle avec délicatesse de la famille, que ce soit la famille de sang ou celle que l’on s’est choisie. Les trois SDF sont à la rue plus ou moins par choix, comme on l’apprend par la suite. Ne se considérant pas comme dignes de rester avec leurs proches, ils se sont eux-mêmes bannis de la société, pensant que leur existence ne méritait pas d’être liée à celle des autres. Mais en voyant cette enfant innocente coupée de sa famille, le trio ne peut imaginer que l’on puisse couper les ponts avec son enfant, même pour son bien. Une réflexion qui souligne donc le paradoxe de leurs propres choix de vie, et les amène, au cours de leur expédition, à rencontrer des gens qui les feront revenir progressivement sur leurs positions.

Entre le mafieux qui doit arriver à temps pour marier sa fille, la mère nourricière qui recueille Miyuki et le bébé quand elles se trouvent séparées de leurs « parents » et le chauffeur de taxi qui a passé une nuit des plus agitées, c’est la nuit tokyoïte et son agitation qui nous sont révélées. Cette vie nocturne qui se cache sous la neige de fin d’année et donne lieu aux plus belles comme aux plus tristes révélations.

Tout comme il faisait courir sa Millenium Actress à travers le temps et la pellicule, Satoshi Kon engage ici ses sans-abris dans une course endiablée à travers la ville. A peine le temps de reprendre son souffle qu’une nouvelle révélation, qu’un nouvel indice vient obliger le groupe à continuer sa route. Et quand finalement, à bout de souffle, nos héros arrivent enfin au sommet, c’est pour retomber au milieu de cette foule qu’ils avaient décidé de ne plus côtoyer. Finie l’obscurité des rues désertes et des petits coins reculés, c’est sous les projecteurs que se termine une épopée qui aura bien fait rire la petite Kyoko.

Tokyo Godfathers est un film qui réchauffe le cœur, à voir par une nuit d’hiver avec son chocolat chaud dans les mains, pour mieux savourer les aventures de trois maladroits au cœur tendre, qui tirent le meilleur d’une vie pas si facile que ça.

Réalisation : Satoshi Kon

Scénario : Satoshi Kon, Keiko Nobumoto

Durée : 88 minutes

Sortie : 8 novembre 2003

Pays : Japon

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Bande-annonce

7 réflexions sur “TOKYO GODFATHERS

  1. princecranoir 06/08/2021 / 07:47

    Très envie de découvrir ce film du grand Satoshi Kon, le seul qui manque à ma culture.
    Il le semble très différent des trois autres, au plus près du réel, empreint des grands classiques du réalisme poétique japonais. J’y perçois tout de même, au fil de ton article, cette idée de l’identité flottante qui semble traverser l’ensemble de son œuvre.

    Aimé par 1 personne

    • misslittlemonster 06/08/2021 / 10:15

      C’est vrai qu’il est plus proche du réel mais on y retrouve tout de même une petite aura fantastique autour de l’enfant qui promène ses trois protecteurs dans la ville. L’identité et surtout la place que l’on s’attribue au sein d’une famille ou d’une société sont effectivement au cœur de ce film.

      Aimé par 1 personne

      • princecranoir 06/08/2021 / 10:34

        Un petit côté « rois mages » aussi peut-être ? Ce qui le rapprocherait d’un très beau western « de Noël » signé du grand John Ford et qui s’appelle « le fils du désert ».

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  2. Carfax 06/08/2021 / 09:42

    bonjour, comment vas tu? merci pour ton avis sur le film. il a l’air intéressant. j’ai récemment découvert cet auteur avec Kaikisen. j’en ai parlé sur mon blog. je note et je regarderai à l’occasion, ayant déjà une wishlist bien fournie 😉 passe un bon vendredi et à bientôt!

    Aimé par 2 personnes

    • misslittlemonster 06/08/2021 / 10:17

      Salut ! Ça va bien merci 🙂
      Je te conseille de le garder pour la période de Noël ou du nouvel an pour profiter au maximum 😉
      Bonne journée !

      Aimé par 1 personne

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