SPACE SWEEPERS

En 2092, la Terre est devenue un environnement trop hostile pour que les humains puissent continuer à y vivre correctement. Le scientifique James Sullivan a donc entrepris de créer des stations spatiales destinées à accueillir une petite partie de la population, la grande majorité se voyant alors obligée de rester sur Terre à trimer pour une maigre pitance. Les quatre membres du vaisseau « Victory » font partie de ces humains qui travaillent dans l’espace en échange d’un peu de sursis. Ils sont chargés d’intercepter les débris spatiaux qui pourraient endommager les stations en orbite. Un jour, ils découvrent dans une des épaves une petite fille dont ils apprennent par la suite qu’elle est recherchée par les autorités et serait en fait un androïde contenant une bombe. La fine équipe pense pouvoir tirer profit de la situation en demandant une rançon, mais les choses ne se passent pas comme prévu et les membres d’équipage se retrouvent en possession d’informations qui les dépassent.

Space Sweepers aurait pu tomber dans les nombreux pièges des films de science-fiction. Avec des courses de vaisseaux, des technologies futuristes et des stations spatiales, le film suit bien les codes du genre tout en en évitant cependant les écueils. Avec une intrigue intéressante, des personnages aux airs de Gardiens de la Galaxie et des effets spéciaux qui en mettent plein la vue, Space Sweepers ne nous propose rien de révolutionnaire mais nous offre plus de deux heures de belles images et de belles histoires.

Le film s’ouvre sur des images de la Terre en 2092. La planète est hautement polluée si bien que quelques privilégiés ont choisi de la quitter pour s’installer dans l’espace à bord des confortables stations de la société UTS. Le reste de la population est contraint de survivre, masque à gaz collé au visage, dans cet environnement terrestre désertique qui rappelle follement l’esthétique d’un Blade Runner 2049 avec des touches de Wall-E ici et là. En effet, les héros de cette histoire ne sont pas des revanchards cherchant à faire tomber le système et permettre à tous d’aller vivre dans l’espace. Non ici ont suit une bande d’éboueurs de l’espace, chargés de récolter les débris spatiaux dérivant autour de la planète et menaçant de heurter les diverses installations de la société UTS. A bord du « Victory », les quatre membres d’équipage (trois humains et un androïde) risquent leur vie pour un maigre salaire. Ils arnaquent, négocient et s’endettent, survivant au jour le jour comme la majorité des terriens.

Alors qu’ils viennent de faire une belle prise, Tae-Ho (Song Joong-Ki) découvre dans l’épave récupérée une petite fille dont la photographie circule en boucle aux informations accompagnée d’un avertissement : l’enfant serait un androïde contenant une bombe placée par un groupe terroriste. Si l’équipage se sent d’abord menacé par la fillette, ils se ressaisissent rapidement et pensent pouvoir profiter de la situation en demandant une rançon. Evidemment, tout ne se passe pas comme prévu et les quatre compères, accompagnés de leur nouvelle petite acolyte, deviennent des fugitifs. En côtoyant la petite Kot-Nim, ils se rendent compte qu’elle possède des dons surprenants. Elle semble avoir des capacités liées aux machines et aux robots, mais également à la nature, faisant même pousser des tomates dans le vaisseau à une vitesse phénoménale. On ne peut s’empêcher de s’attacher à la fillette aux grands yeux brillants qui posent un regard émerveillé sur le monde et les gens qui l’entourent, malgré la saleté et la misère dans laquelle ils vivent. Chaque personnage se sent relié à elle d’une façon ou d’une autre, même Bubs, le droïde du groupe, au comportement très humain et que la petite, avec perspicacité, a décidé d’appeler « eonni » (grande sœur). Voilà donc le petit groupe emporté dans un jeu de cache-cache avec les autorités, dans lequel l’enjeu est bien plus important qu’ils ne peuvent l’imaginer.

Space Sweepers offre toute une galerie de personnages des plus intéressants, à commencer par Tae-Ho, incarné par Song Joong-Ki (Descendants of the Sun) qu’on retrouve actuellement à l’affiche du drama Vincenzo. Tae-Ho semble chamboulé par l’arrivée de cette enfant qui lui en rappelle une autre dont il cherche encore la trace. Refusant tout d’abord de s’impliquer émotionnellement avec Kot-Nim, il est finalement obligé de céder à l’appel de l’instinct paternel et à protéger l’enfant. A bord du « Victory », on trouve également Tiger Park (Jin Sun-Kyu), ancien gangster interdit de séjour sur terre. Malgré sa mauvaise réputation, c’est un homme sensible qui s’attache très vite à la fillette et est le premier à proposer de ne pas la livrer. Le dernier humain de cet équipage, et non des moindres, est la capitaine Jang. Oubliées la retenue d’une Mademoiselle ou l’élégance de l’aristocrate qu’elle incarnait dans le très esthétique Mr. Sunshine, Kim Tae-Ri est ici capitaine d’un vaisseau, responsable de la vie de son équipage et de la sienne dans une quête qui semble plus la concerner qu’on ne le pense. Si son personnage reste discret tout au long du film, laissant Song Joong-Ki dans la lumière, elle parvient tout de même à tenir sa place, se rappelant régulièrement au spectateur au travers de sa perspicacité et de son charisme de femme fatale, arborant fièrement ses lunettes de soleil et sa flasque. Enfin, l’androïde Bubs vient compléter cette fine équipe, amenant un côté décalé et cynique, rappelant le droïde K-2SO de Rogue One.

Les personnages évoluent dans une station spatiale cosmopolite, où toutes les nationalités sont présentes et se comprennent grâce à de discrets appareils de traduction. Ainsi, l’humanité est rappelée à son unité, les plus pauvres de ce monde forment un seul et même groupe, bien qu’au début évidemment chacun place en priorité sa propre survie. Se provoquant et se taquinant, les ramasseurs de débris n’en restent pas moins des complices, sachant se porter assistance quand c’est nécessaire. Mais Space Sweepers ne s’en fait pas pour autant moralisateur, laissant au spectateur le soin de retenir ce qu’il voudra des choix des protagonistes et de leur confrontation avec l’ambitieux dirigeant d’UTS, James Sullivan (Richard Armitage), un mégalomane qui s’est octroyé le droit de juger de la valeur de la vie des gens, cherchant à créer une humanité parfaite au-travers de la sélection des élus autorisés à vivre dans l’espace et bientôt même sur Mars, où les humains pourront prendre selon lui un nouveau départ.

Space Sweepers est donc un film de science-fiction relativement efficace, très bien réalisé et avec de beaux effets spéciaux. Très agréable à regarder, il propose des personnages touchants, parfois même comiques, incarnés par d’excellents acteurs, et nous plonge dans une histoire intéressante qui n’en fait pas trop. Un bon moment à passer !

Casting : Song Joong-Ki, Kim Tae-Ri, Richard Armitage, Jin Sun-Kyu, Yu Hae-Jin, Park Ye-Rin

Réalisation : Jo Sung-Hee

Scénario : Yoon Seung-Min, Yoo Kang Seo Ae, Jo Sung-Hee

Durée : 136 minutes

Sortie : 5 Février 2021 (Netflix)

Pays : Corée du Sud

9 réflexions sur “SPACE SWEEPERS

  1. Carfax 25/03/2021 / 08:20

    bonjour, comment vas tu? je ne vais pas répéter ici ce que tu as pu lire sur mon b log 😉 mais ça fait plaisir de voir que tu apprécie aussi. j’ai lu quelques comm négatifs sur allociné, et je els trouve injustifiés. passe un bon jeudi et à bientôt!

    Aimé par 1 personne

    • misslittlemonster 25/03/2021 / 10:54

      Hello ! Ça va bien merci 🙂
      Je ne comprends pas vraiment non plus les commentaires négatifs, mais bon le principal c’est qu’on a pu passer un bon moment devant ce film !
      Bonne journée à toi également 😉

      Aimé par 1 personne

  2. Naki 31/03/2021 / 17:07

    Hello,
    Habituellement je n’aime pas les films de science fiction mais celui-ci m’a vraiment plu. On est tenu en haleine du début à la fin. J’ai vraiment passé un vrai bon moment devant ce film 😀

    Aimé par 1 personne

    • misslittlemonster 31/03/2021 / 20:41

      Salut ! Oui je l’ai également trouvé relativement accessible pour un film de science-fiction ! Contente qu’il t’ait plu ! 🙂

      J’aime

  3. princecranoir 14/04/2021 / 08:52

    Je crois que je vais me programmer ce vol pendant les vacances.
    Par contre, s’il y a « des personnages aux airs de Gardiens de la Galaxie » ou si je trouve un arbre qui parle et un écureuil excité du flingue, je quitte le vaisseau !
    Très chouette article.

    Aimé par 1 personne

    • misslittlemonster 14/04/2021 / 10:20

      Un vol sympathique, sans trop de surprises mais bien agréable. J’attends ton avis ! 😉
      J’ai retrouvé un esprit « Gardiens de la Galaxie » dans ce groupe hétéroclite et un peu dans l’humour également, mais pas d’animaux ou de végétaux qui parlent ne t’en fais pas.
      Merci beaucoup !

      Aimé par 1 personne

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